Le cassis, l’or noir de Bourgogne


La crème de cassis 100 % noir et 100 % est vendue à l'exportation, les magasins haut de gamme, les épiceries et dans les boutiques de la marque.

http://www.bienpublic.com/region-dijonnaise/2011/12/03/l-or-noir-de-bourgogne


On ne pouvait pas clore cet été de rencontres gourmandes sans pousser la porte d’Éric Méot, personnage aussi fort en gueule que son cassis est fort en goûts. À Saquenay, aux frontières de la Haute-Marne et de la Haute-Saône, il cultive un peu plus de sept hectares de Noir de Bourgogne, en bio depuis quelques années. C’est un converti, Eric. Un converti au bio, après vingt ans de « chimique » comme il le dit lui-même. Les motivations chez les “bios” sont multiples. Chez Eric, elle est spirituelle : arrêter de détruire la terre que nous a laissée le bon Dieu. On est tout près de Bèze, où le chanoine Kir a exercé son ministère il y a un siècle déjà. Kir, le cassis, le bon Dieu… Il y a une cohérence, non ? Et de toute façon, Eric sait bien ce qui le pousse à cultiver ses hectares de baies noires, sur des terres difficiles, face au plateau de Langres. Le décor est somptueux. Il a bien plu d’ailleurs aux Japonais qui sont venus arpenter ses plantations, amenés là par Vedrenne. Le célèbre liquoriste de Nuits-Saint-Georges s’est associé à Eric pour produire la première liqueur de cassis bio “made in” Bourgogne. Un flacon de luxe, que l’on trouve au Japon et dans les belles boutiques parisiennes. Heureusement pour nous, on le trouve aussi en Côte-d’Or plus facilement ! Pour reprendre le mot d’Alexandre Dumas, c’est le genre de breuvage pour lequel on se met « à genou et tête nue. » D’abord pour rendre hommage au travail d’Eric. Trente-cinq mille cassissiers à bichonner, ce n’est pas rien. Surtout qu’il est un peu maniaque, côté entretien. Bio, mais « propre » : « Je me considère comme un jardinier », concède-t-il. À coup de sécateur, comme un vigneron, il bichonne ses arbustes qui le lui rendent bien. Surtout en qualité. « Pour le rendement, c’est sûr, le blackdown en chimique, c’est jusqu’à 10 tonnes à l’hectare. Le Noir de Bourgogne en bio, c’est dix fois moins, mais côté goût, c’est la Rolls. » Dix fois moins, cent fois meilleur. La recherche permanente de la rentabilité est absurde – un milliard d’humains n’ont pas à manger dans le monde malgré cinquante ans d’industrialisation agricole – et aboutit à une standardisation du goût. Par le bas. Voilà pourquoi, finalement, et comme tous ceux que nous avons rencontrés depuis deux mois sur les chemins de nos balades, Eric a choisi un modeste poste au jardin d’Eden plutôt qu’un siège au conseil d’administration de la société anonyme de la malbouffe. Résultat, même si 2012 a été une année difficile, sa production reste très correcte. Il a eu moins de chance avec ses arbres fruitiers. Car la passion d’Eric Méot, c’est l’arboriculture. Chaque année, il produit un peu plus de 1 000 litres de jus de pommes, vendu à la ferme. En 2012, il n’y en aura pas. Caprice de la nature. Qu’importe, ça ne le décourage pas pour autant. Il voit loin : il a planté d’autres arbres, mirabelles, pêches de vignes, poires… et envisage la construction d’un atelier de transformation. Jus de fruits, confitures… Le projet est déjà ficelé, même si Eric souhaite se donner le temps de le réaliser correctement. Comme a écrit le poète Ralph Emerson : « Adoptez le pas de la nature. Son secret est la patience. » 

Producteur de cassis Noir de Bourgogne bio à Saquenay

Article  LEJSL


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